Sambre-Marne-Yser

Août - Novembre 1914

Le 8 août 1914

Joffre émet l’instruction générale n° 1 définissant ses intentions pour l’opération d’ensemble, soit une offensive en Lorraine et au Luxembourg.
La Ve armée allemande s’empare de la région de Briey, non fortifiée.
Le général Bonneau campe autour de Mulhouse avec le 7e C.A. et la 27e division mais la contre-offensive allemande se prépare.

G.Q.G. français

Première instruction d’ensemble de Joffre. (Instruction générale n° 1)

En résumé : il faut rechercher la bataille, toutes forces réunies, en appuyant au Rhin la droite du dispositif général. Il faut pouvoir porter l’aile gauche en avant si la droite allemande se rabat vers le sud. Voici les directions d’attaque des armées :

La Ve armée est sur la Meuse, en amont de Mézières, prolongeant la ligne des IVe et IIIe armées, qui s’étend jusqu’à la Woëvre septentrionale.

Le général Hély d’Oissel, chef d’Etat-Major de la Ve armée, vient exposer à Joffre la crainte de voir les Allemands exécuter un mouvement débordant à l’ouest de la Meuse. Joffre lui répond que ses craintes lui paraissent prématurées et que cette manoeuvre prêtée aux Allemands semble excéder leurs moyens.

Détachement de Haute-Alsace

Vu le premier succès, Joffre donne l’ordre de pousser vigoureusement sur Mulhouse. Vers 16h, la 14e division converge en deux colonnes vers cette ville. Les Allemands se retirent conformément au plan Schlieffen, en direction de Neuf-Brisach. Les Français ne rencontrent pas d’avant-postes et la 14e D.I. fait son entrée dans Mulhouse, musique en tête et drapeaux déployés. La prise de Mulhouse suscite l’enthousiasme en France. La 41e D.I. entre en même temps dans Thann et Cernay.

La facilité de la conquête a éveillé une confiance prématurée, car certains Alsaciens sont hostiles à la France et peuvent renseigner l’armée allemande.

Le 21e C.A.enlève les cols du Bonhomme et de Sainte-Marie.
Le col de Sainte-Marie fait communiquer Saint-Dié avec Sainte-Marie-aux-Mines ; le col du Bonhomme, Saint-Dié avec Colmar.
Des reconnaissances signalent la forêt de la Hardt comme sérieusement organisée.

Dès la soirée, de gros détachements allemands apparaissent en direction de Mülheim et de Neuf-Brisach. Ce sont les avant-gardes de l’armée de von Heeringen (VIIe armée).

Ie armée française

Elle reçoit comme objectif de pousser sur Mulhouse et de détruire les ponts de Huningue et Chalampé.

Après un combat assez violent, le col du Bonhomme et le sommet de Sainte-Marie sont pris par le 21e C.A. La 41e division débouche dans la plaine d’Alsace. Elle porte ensuite son gros au nord-ouest de Mulhouse à 17h.

IIIe armée française

Le 2e C.A. passe aux ordres du commandant de la IVe armée.

IVe armée française

Comme le Luxembourg a été envahi, pour faire face à une attaque possible venant des Ardennes, la IVe armée vient s’intercaler entre la IIIe et la Ve armée (c’est la variante du plan XVII prescrite le 2 août).

Ve armée française

Ce dispositif est maintenu jusqu’au 13 août.


Tirailleurs algériens
Collection privée

A ce stade, le G.Q.G. pense qu’un mouvement enveloppant allemand se produirait au pire au sud du sillon Sambre et Meuse.

C.C. Sordet

Dans la matinée, le C.C. pousse au nord de la Lesse. Il se porte, via Ciney, vers Ouffet. La cavalerie allemande se dérobe et Sordet, frustré d’un combat, ramène ses divisions dans la zone Modave - Durbuy. Le raid de 170 km en 48 heures, par une chaleur extrême, a ruiné le quart des chevaux.

Armée belge de campagne

La D.C., commandée par le Lieutenant général de Witte se porte à Sint-Truiden et environs, poussant ses éléments de découverte vers Waremme, Oreye, Tongeren et Maaseik. Elle comprend

Le rôle de la D.C. est d’empêcher l’armée allemande d’isoler l’armée belge d’Anvers.
Un mouvement de l’armée allemande sur la gauche de l’armée belge met celle-ci en danger, tandis que son aile droite est couverte par la position fortifiée de Namur et le C.C. Sordet.

Dans la soirée, le commandant de la D.C. (de Witte) signale la présence de 1500 cavaliers allemands vers Zichem et demande à pouvoir les combattre. Albert Ie s’y oppose, estimant que la cavalerie allemande est très supérieure en effectif.


Artillerie à cheval belge
Collection privée

O.H.L.

Moltke décide que les têtes de la IIe armée, en attendant la chute des forts de Liège, doivent occuper le front Julémont - Fraipont - Esneux - Hamoir.

Ie armée allemande

Les 2e et 4e D.C. avec les 7e et 9e bataillon de chasseurs, sous les ordres du général von der Marwitz, ont franchi la Meuse sur un pont de bateaux à Lixhe.


Cavalerie allemande sur un pont de bateaux
Collection privée

Le débarquement des unités de combat commence. Les prévisions sont établies comme suit :

L’offensive à partir d’Aix-la-Chapelle doit commencer le 14 août.

IIe armée allemande

Bülow donne l’ordre à son armée et au 1e C.C (général von Einem) de marcher entre Eupen et Basse Bodeux.

IIIe armée allemande

L’armée se concentre dans la région de l’Eiffel (Saint-Vith - Waxweiler - Prüm - Wittlich).

La concentration est couverte par le 1e C.C. (von Richthofen).

Ve armée allemande

L’armée s’empare de la région de Briey. Celle-ci n’est pas protégée par la ligne fortifiée de Séré de rivières. Elle mène un combat victorieux à La Garde contre des éléments de la IIe armée française.

Des travaux de fortification de campagne sont entrepris à Marville, Saint-Laurent, Spincourt et Gouraincourt.

VIIe armée allemande

Les premières indications recueillies annoncent l’invasion de la Haute-Alsace par deux divisions d’infanterie et une de cavalerie. Le général von Heeringen est invité à marcher contre elles avec le 15e C.A. transporté par chemin de fer de Strasbourg à Colmar et le 14e débouchant de Neuf-Brisach et de Chalempé à travers la forêt de Harth.

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