Sambre-Marne-Yser

Août - Novembre 1914

Le 27 août 1914

Joffre décide de contre-attaquer pour ralentir la retraite et soulager l’armée anglaise : c’est la bataille de Guise - Saint-Quentin. Les Allemands réussissent à franchir la Meuse. Pour combler le vide entre les Ve et IVe armées, Joffre crée la IXe armée sous le commandement de Foch. Moltke donne l’ordre de marcher sur Paris.

G.Q.G. français


Général Foch (IXe armée)
Collection privée

Ie armée française

L’armée allemande dessine un mouvement débordant à l’est du col de la Chipote et vers 15h30, elle réussit à reprendre le col. Un bataillon du 6e colonial passe à la contre-attaque, mais le risque est réel que les Allemands forcent le passage de Raon-l’Etape sur Rambervillers.

Dubail a donné l’ordre au 13e C.A. de reprendre l’offensive pour regagner le terrain perdu. Dès que le brouillard se dissipe, les Français ouvrent le feu sur les hauteurs à l’est de la Mortagne, puis l’infanterie se met en mouvement. Les Allemands contre-attaquent et l’infanterie du 13e C.A. perd la crête.

Le 8e C.A. doit poursuivre son offensive. La 16e division (Maud’huy) doit s’établir sur la rive ouest de la Mortagne.

IIe armée française

Voici la position des différents C.A. :

IIIe armée française

On signale sur le front de l’armée la présence du 16e C.A. allemand dans la région de Spincourt et celle de la 33e division vers Réchicourt et Ollières.

IVe armée française

Des combats très violents sont livrés sur le front de l’armée sur une longueur de 50 km, jusqu’à Signy-l’Abbaye contre l’armée de von Hausen.

Le 2e C.A. doit défendre les passages de la Meuse de Sassey à Luzy mais la rive est de la Meuse domine et offre des positions favorables pour l’artillerie allemande.

Les Allemands ont jeté des ponts de Cesse à Luzy et un tir d’artillerie français est effectué, coupant ces ponts. Vers Stenay, une brigade allemande essaie de passer la Meuse mais est rejetée par l’infanterie française à Luzy et Cesse. Les Allemands se replient sur la Meuse.

Le corps colonial tient avec une division le front Luzy - Pouilly.

A la tombée de la nuit, l’armée du duc de Wurtemberg n’a pu faire aucun progrès sérieux sur la rive gauche de la Meuse. Un drapeau allemand a été pris par le 137e R.I. (11e C.A.) dans les bois de Bulson.


Fantassin colonial
Collection privée

Devant le 12e C.A., les Allemands ont passé la Meuse à Remilly et Villers-devant-Mouzon et s’efforcent de déboucher vers le sud, menaçant de couper le 12e C.A. du 17e.

Devant le 11e C.A. (général Eydoux), les Allemands ont réussi à franchir la Meuse sur des ponts jetés à Villers-devant-Mouzon et Martincourt. Ils passent à l’attaque mais leurs assauts sont brisés par les fantassins de la 21e division.

A 18h30, de Langle de Cary reçoit l’ordre du G.Q.G. de reporter son armée sur la ligne de l’Aisne pour se conformer au plan de retrait stratégique de l’ensemble des armées françaises.

Le mouvement commence la nuit même. Le 9e C.A. couvre la retraite en se maintenant autour de Launois et Poix-Terron.

Ve armée française : bataille de Guise - Saint-Quentin

Le soir du 27, la Ve armée se trouve toujours en flèche, menacée sur ses deux flancs (Guise - Aubenton). Lanrezac envisage l’éventualité d’une retraite sur Laon pour le 28 quand le colonel Alexandre, du G.Q.G., vient lui porter l’ordre de prendre l’offensive sur Saint-Quentin.

Le but est de dégager l’armée anglaise et de permettre à la VIe armée d’entrer en ligne.

L’armée fait face au nord et on lui demande d’attaquer vers l’ouest. Elle risque donc d’être assaillie de flanc lors de son mouvement par les colonnes allemandes déjà signalées au nord de l’Oise.

Lanrezac entre dans une violente colère et critique Joffre. C’est le premier pas vers son limogeage.

Lanrezac réunit les commandants de C.A. et prépare la contre-attaque avec les 3e et 18e corps + la division d’Afrique en direction de Saint-Quentin. Le groupe Valabrègue se portera le 28 vers La Fère par la rive gauche de l’Oise. La réalisation du dispositif d’attaque va maintenir la Ve armée sur l’Oise pendant toute la journée.

Lanrezac ne peut compter sur le concours de l’armée anglaise sur sa gauche, mais, sur sa droite, la IVe armée résiste aux assauts furieux de l’armée de von Hausen, dans la région de Signy-l’Abbaye. La IVe armée a toutefois devant elle des forces si considérables que son recul prochain est prévisible.

VIe armée française

Elle se constitue dans la région d’Amiens et est composée du 7e C.A. (provenant d’Alsace), des 55, 56, 61 et 62e divisions de réserve plus la brigade marocaine Ditte. Les 61e et 62e divisions de réserve, amenées de Paris, débarquent dans la région d’Amiens. Ce sera la masse de manoeuvre avec laquelle Joffre essaiera à son tour d’envelopper l’armée allemande.

Maunoury prend le commandement de la VIe armée. Il reçoit l’ordre du G.Q.G. de disposer ses forces de manière à pouvoir agir offensivement sur l’aile droite allemande. Les premiers contingents se dirigent vers la région de la Somme et entrent en contact avec des éléments de la Ie armée allemande près de Péronne.

Groupement Foch

Il se constitue du 9e et 11e corps d’armée, enlevés à la IVe armée, des 52e et 60e divisions de réserve et de la 9e D.C. + la 42e division prélevée sur la IIIe armée. Son objectif est de s’opposer aux forces allemandes qui ont débouché de Rocroi puis de manoeuvrer en retraite vers le confluent de l’Aisne et de la Suippe.

C.C. Sordet

Le C.C. traverse la Somme. Il cantonne ensuite à l’ouest de la rivière mais est soumis au feu de l’artillerie lourde allemande tirant à grande distance. Trois bataillons de chasseurs gardent les ponts de Brie et de Saint-Christ.

Armée anglaise

Trois bataillons des fusiliers marins britanniques débarquent à Ostende pour venir prêter main forte à l’armée belge.

French donne l’ordre de retraite au B.E.F., loin de toute zone de combats sans en avertir le secrétaire d’Etat à la guerre, Kitchener. Il refuse de s’arrêter sur la Somme et ne veut même pas s’engager à défendre la ligne de l’Oise. Joffre craint qu’il n’abandonne la lutte.

Au soir, l’armée s’est déjà repliée sur l’Oise, entre La Fère et Chauny.


Combat de l’armée anglaise près de Saint-Quentin
Collection privée


Combat de l’armée anglaise près de Saint-Quentin
Collection privée


Combat de l’armée anglaise près de Saint-Quentin
Collection privée

Haig informe Lanrezac que le gros de l’armée anglaise est dans l’impossibilité de participer à l’attaque de Saint-Quentin. Les divisions Valabrègue remplaceront de leur mieux l’armée de French.

Armée belge

Jusqu’au 8 septembre, l’armée va se tenir sur la défensive.
Un ordre du 27 place toutes les division en ligne dans les 3e et 4e secteurs. Le 3e secteur étant considéré comme le plus important, le commandement y place trois division (2e, 3e et 6e) et en met deux en place dans le 4e (1e et 5e).


Les forts d’Anvers
L’action de l’armée belge

Comme il est vital de maintenir libres les communications avec la côte, un détachement de 3500 hommes d’infanterie, deux escadrons et une batterie d’obusiers de 95, un groupe de batteries de 75, prolonge la ligne de défense du 4e secteur par l’occupation de Dendermonde.

O.H.L.

Un communiqué officiel décrit les armées alliées comme en pleine retraite et incapables de contenir l’avance allemande.
Moltke donne ses ordres le soir : marcher sur Paris.

Moltke prévoit la possibilité d’aller plutôt vers le sud que vers le sud-ouest si les armées se heurtent à une résistance sérieuse sur l’Aisne et ensuite sur la Marne.

Cette dernière phrase affaiblit l’idée première et peut jeter le trouble dans l’esprit des exécutants. Moltke ne donne pas l’impression de reprendre fermement en main la conduite des opérations qu’il a volontairement abandonnée à la veille de la bataille de Belgique.

Le mouvement de la Ie armée vers la Basse Seine est un souvenir des projets de Schlieffen. Comme l’enveloppement de l’aile gauche des armées alliées n’a pas eu lieu, Moltke essaie de réparer l’erreur. Or, sa masse de manoeuvre est de cinq C.A. (au lieu des sept prévus par Schlieffen). Schlieffen avait en outre prévu de masquer Paris avec des unités d’Ersatz. Or, ces unités sont soit à la frontière russe ou en Alsace-Lorraine et l’aile droite a été affaiblie par le prélèvement du C.A.R. de la Garde et du 11e C.A.

Suite aux transferts de C.A. vers l’est et aux sièges à effectuer, les armées du front ouest perdent 10 divisions :

L’aile droite de l’armée allemande est diminuée de un cinquième.

Ie armée allemande

La droite arrive vers Combles, à l’est de Péronnes, la gauche vers Bohain (20 km au nord-est de Saint Quentin). L’armée s’empare des passages de la Somme près de Péronnes. Elle n’a plus en face d’elle que les 61e et 62e divisions de réserve et le corps de cavalerie Sordet. Elle repousse des fractions de l’armée d’Amade vers Amiens.

Le soir, la position des différents C.A. passe par la ligne Sallisel -Bohain.

Le C.C. von der Marwitz a traversé la Somme et explore vers l’Oise et Amiens.

La Q.G. déménage de Solesmes vers Villers-Faucon.

Pour le lendemain, l’armée a pour objectif la ligne Combles - Péronne- Brie-le-Verguier.

IIe armée allemande

L’armée continue la poursuite des Français en espérant les déborder par la droite.

Les C.A. s’échelonnent de Saint-Soupplets à La Capelle.

Le Q.G. de l’armée s’installe à Avesnes.

IIIe armée allemande : combat de Signy-l’Abbaye

A débouché du massif occidental de l’Ardenne. Elle se laisse dévier vers le sud-est suite aux appels du Duc de Wurtemberg. Avec les 12e et 19e C.A., elle butte contre l’extrême gauche de l’armée de Langle de Carry qui l’arrête net lors des combats de Signy-l’Abbaye.

IVe armée allemande

Suite à une attaque menée par le IIIe armée française, le duc de Wurtemberg réclame une intervention de la part de la IIIe armée (von Hausen).

Ve armée allemande

Le 6e C.A.R. et le 16e C.A. doivent forcer le passage de la Meuse et se porter vers Cunel - Nantillois (6e C.A.) et vers Dannevoux - Gercourt (16e).

VIe armée allemande

Les Allemands se retranchent fortement à la lisière ouest de Lunéville, au nord-est de Friscati et s’emparent de Saint-Dié.

VIIe armée allemande

Réussit à s’emparer du fort de Manonviller.

Le fort a été construit à +- 10 km à l’est de Lunéville pour contrôler la ligne de chemin de fer Nancy - Avricourt, la route de Paris à Strasbourg et la vallée de la Vezouse. Il a fait l’objet d’une réfection récente et comporte une garnison de +- 900 hommes.

Le fort a été bombardé du 23 au 27 août par des pièces lourdes. Il a reçu 134 coups de 305 et 159 coups de 420 ainsi que 1195 coups de 210. A ce moment, une seule tourelle de 57 mm est encore en service. Le fort n’aurait probablement pas pu s’opposer à un assaut. Une partie de la garnison a été victime d’un début d’asphyxie car les gros projectiles dégagent de l’oxyde de carbone.

Après une attaque de 48 heures, le commandant fait hisser le drapeau blanc et le fort capitule avec les honneurs de la guerre.


Prise du fort de Manonviller
Collection privée

Montmédy, ancienne place forte avec des remparts datant de l’époque de Vauban, est abandonnée par sa garnison.

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