Sambre-Marne-Yser

Août - Novembre 1914

Bataille de Lorraine (20 - 22 août 1914)

Conformément au plan XVII, les Ie et IIe armées françaises attaquent en Lorraine. Le secteur est tenu par les VIe et VIIe armées sous le commandement du kronprinz de Bavière.
Les Allemands avaient soigneusement quadrillé le terrain et placé des poteaux pour le réglage de l’artillerie. Les Français attaquent à découvert des positions fortifiées et subissent de lourdes pertes. Passant outre l’avis de Moltke, Rupprecht décide de contre-attaquer avant que les armées françaises se soient suffisamment enfoncées dans le piège.
Dubail et Castelnau réussissent à dégager leurs armées.

Le terrain

Le terrain où se développe la bataille est un plateau largement ondulé d’où émergent des hauteurs boisées : les hauteurs en arc de cercle dominant Sarrebourg ; plus à l’ouest, les côtes de Dieuze, les collines entre Château-Salins et Morhange et enfin la côte de Delme.


Terrain de la bataille
C Michelin d’après guide édition 1919 -autorisation 06-B-05

Entre Dieuze et Sarrebourg, la plaine comprend de nombreux étangs. Le plus important est celui de Lindre à l’est de Dieuze.

Trois canaux ont été creusés : celui des Salines, celui des Houillères et celui de la Marne au Rhin. Ce dernier se dirige vers le nord, presque parallèlement à la Sarre pour y aboutir à Sarreguemines.

La ligne de chemin de fer Strasbourg - Metz passe par les gares de Sarrebourg et de Benestroff, nœuds importants de communication.

La Seille coule vers l’ouest. La Sarre qui prend sa source au Donon, coule vers le nord.

Au sud de cette région, la Lorraine restée française présente l’aspect d’un plateau ondulé, où les cours d’eau se dirigent généralement du sud-est vers le nord-est. Ce plateau est traversé par deux lignes de hauteurs qui vont du sud-est au nord-ouest : entre Mortagne et Moselle, les collines de Saffais et Belchamps ; à l’est de Nancy, le Grand Couronné qui comprend le Mont Amance, le Mont Toulon et le Mont Sainte-Geneviève.

Les défenses allemandes

Les crêtes vers Morhange et Sarrebourg ont été organisées en grand secret dès le 1e août : tranchées bétonnées précédées de réseaux de fil de fer et semées de mitrailleuses. En arrière, des batteries lourdes d’artillerie ont été installées, abritées sous du béton. Le terrain a été quadrillé (l’armée allemande avait eu le temps depuis 1871 de tout repérer). Dans ses mémoires, Foch mentionne la présence de pylônes qui sont en fait des repères pour le tir d’artillerie. Lors de l’offensive française, il sera extrêmement dangereux pour une troupe de se trouver à proximité d’un de ces pylônes.

Les points de résistance sont : les collines de Donnelay et Juvelize, celles au nord de Vic-sur-Seille et Château-Salins et celles de Jallancourt et Malancourt. Dans la direction de Sarrebourg, les hauteurs sur le front Mittersheim - Gosselming - Réding ont été fortifiées. Au sud, des inondations ont été tendues dans la vallée de la Seille (les digues de l’étang de Lindre ont été rompues).

Le plan Schlieffen prévoit de reculer jusqu’à la ligne Metz - Nied - Sarre - Strasbourg et ainsi d’attirer l’aile droite Française dans une énorme embuscade.

Ordre de bataille de l’armée française

L’attaque vers Morhange et sa région échoit à la IIe armée (Castelnau).


Région de Morhange
La grande guerre racontée par nos généraux


Général de Castelnau (IIe armée)
Collection privée

Cette armée met en ligne les

15e C.A. (Marseille) : général Espinasse


Général Espinasse (15e C.A.)

29e division : général Carbillet

Unité Commandant Régiments
57e brigade Tocanne 111e R.I. (Antibes)112e R.I. (Toulon)
58e brigade Gasguy 3e R.I. (Hyères, Digne)141e R.I. (Marseille)
Elements divisionnaires 6e régiment de hussards (un escadron - Marseille)55e R.A.C. (Orange)

30e division : général Colle

Unité Commandant Régiments
59e brigade Marillier 40e R.I. (Nîmes)58e R.I. (Avignon)
60e brigade Morgain 55e R.I. (Aix-en-Provence, Pont-Saint-Esprit)61e R.I. (Aix-en-Provence, Privas)
Eléments divisionnaires 6e régiment de hussards (un escadron - Marseille)19e R.A.C. (Angers)
Réserves 38e R.A.C. (Nîmes)7e régiment d’artillerie à pied (Nice)10e régiment d’artillerie à pied (Toulon)

Ce C.A. rejoindra la IIIe armée à Bar-le-Duc le 3 septembre.

16e C.A. (Montpellier) : général Taverna

31e division : général Vidal

Unité Commandant Régiments
61e brigade Dauvin 81e R.I. (Montpellier)96e R.I. (Béziers)
62e brigade Xardel 122e R.I. (Rodez)142e R.I. (Lodève, Mende)
Elements divisionnaires 19e régiment de dragons (un escadron - Castres)56e R.A.C. (Montpellier)

32e division : général Bouchez

Unité Commandant Régiments
63e brigade Dion 53e R.I. (Perpignan)80e R.I. (Narbonne)
64e brigade Sibille 15e R.I. (Albi)143e R.I. (Castelnaudary, Carcassonne)
Eléments divisionnaires 19e régiment de dragons (un escadron - Castres)3e R.A.C. (Castres)
Réserves 38e R.A.C. (Nîmes)332e R.I. (Rodez)342e R.I. (Lodève, Mende)9e R.A.C. (Castres)

18e C.A. (Bordeaux) : général de Mas-Latrie


Général de Mas Latrie (18e C.A.)
Collection privée

35e division : général Excelmans

Unité Commandant Régiments
69e brigade Durand 6e R.I. (Saintes / Doé de Mandreville)123e R.I. (La Rochelle / Hubert)
70e brigade Pierron 57e R.I. (Rochefort, Libourne / Dapoigny)144e R.I. (Bordeaux / Gauthier)
Elements divisionnaires 10e régiment de hussards (un escadron - Tarbes)24e R.A.C. (La Rochelle / Dunal)

36e division : général Jouannic

Unité Commandant Régiments
71e brigade Dion 34e R.I. (Mont-de-Marsan / Capdepont)49e R.I. (Bayonne / Burgala)
72e brigade Sibille 12e R.I. (Tarbes / De Sèze)18e R.I. (Pau / Gloxin)
Eléments divisionnaires 10e régiment de hussards (un escadron - Tarbes)14e R.A.C. (Tarbes / Vincent du Portail)
Réserves 218e R.I. (Pau)249e R.I. (Bayonne)

Ce C.A. sera transféré vers la Ve armée, où il participera à la bataille de Charleroi.

20e C.A. (Nancy) : général Foch


Général Foch (IXe armée)
Collection privée

11e division : général Châtelain

Unité Commandant Régiments
21e brigade Aimé 26e R.I. (Nancy)69e R.I. (Essey-les-Nancy)2e bataillon de chasseurs à pied (Troyes, Lunéville)4e bataillon de chasseurs à pied (Brienne, Saint-Nicolas)
22e brigade Ferry 37e R.I. (Nancy)79e R.I. (Nancy)
Elements divisionnaires 12e régiment de dragons (un escadron - Troyes, Toul)8e R.A.C. (Nancy)

39e division : général Dantant

Unité Commandant Régiments
77e brigade Dion 146e R.I. (Toul)153e R.I. (Toul)
78e brigade Sibille 156e R.I. (Toul)160e R.I. (Toul)
Eléments divisionnaires 12e régiment de dragons (un escadron - Troyes, Toul)39e R.A.C. (Toul)
Réserves 60e R.A.C. (Troyes, Neufchâteau)6e régiment d’artillerie à pied (Toul)

2e groupement de divisions de réserve : général Léon Durand

59e division de réserve : général Kopp

Unité Commandant Régiments
117e brigade de réserve Lambin 232e R.I. (Tours)314e R.I. (Saint-Maixent)325e R.I. (Poitiers)
118e brigade Pierron 266e R.I. (Tours)277e R.I. (Cholet)335e R.I. (Angers)20e R.A.C. (un groupe - Poitiers)33e R.A.C. (un groupe - Angers)49e R.A.C. (un groupe - Poitiers)

36e division de réserve : général Brun d’Aubignosc

Unité Commandant Régiments
135e brigade Dion 206e R.I. (Saintes)234e R.I. (Mont-de-Marsan)323e R.I. (La Rochelle)
136e brigade Mordrelle 344e R.I. (Bordeaux)257e R.I. (Libourne, Rochefort)212e R.I. (Tarbes)14e R.A.C. (un groupe - Tarbes)24e R.A.C. (un groupe - La Rochelle)58e R.A.C. (un groupe - Bordeaux)

70e division de réserve : général Fayolle

Unité Commandant Régiments
135e brigade Dion 206e R.I. (Saintes)234e R.I. (Mont-de-Marsan)323e R.I. (La Rochelle)
139e brigade 226e R.I. (Toul Nancy)269e R.I. (Toul, Nancy)42e bataillon de chasseurs à pied
140e brigade Goujet 279e R.I.. (Neufchâtel, Nancy)360e R.I. (Neufchâtel, Toul)237e R.I. (Troyes, Nancy)19e R.A.C. (un groupe - Nimes)38e R.A.C. (un groupe - Nimes)2e régiment d’artillerie de montagne (un groupe - Grenoble)

Joffre a attiré l’attention sur le fait que l’armée pourrait trouver devant elle une organisation fortifiée et que les attaques doivent bien se lier. La marche s’opère avec prudence.

L’attaque vers Sarrebourg échoit à la Ie armée (Dubail).


Région de Sarrebourg
La grande guerre racontée par nos généraux


Général Dubail (Ie armée)
Collection privée

Elle est composée des

7e C.A. (Besançon) : général Vautier

14e division : général Curé

Unité Commandant Régiments
27e brigade Berge 44e R.I. (Lons-le-Saulnier)60e R.I. (Besançon)
28e brigade Faës 35e R.I. (Belfort)42e R.I. (Belfort)
Elements divisionnaires 11e régiment de chasseurs à cheval (un escadron - Vesoul)47e R.A.C. (Héricourt)

41e division : général Superbie

Unité Commandant Régiments
81e brigade Bataille 152e R.I. (Gerardmer)5e bataillon de chasseurs (Besançon, Remiremont)15e bataillon de chasseurs à pied (Montbéliard, Remiremont)
82e brigade Coste 23e R.I. (Bourg en Bresse)133e R.I. (Belley)
Eléments divisionnaires 11e régiment de chasseurs à cheval (un escadron - Vesoul)4e R.A.C. (Besançon)
Réserves 352e R.I. (Gerardmer)45e bataillon de chasseurs à pied (Besançon)55e bataillon de chasseurs à pied (Montbéliard)11e régiment de chasseurs à cheval (Vesoul)5e R.A.C. (Besançon)

8e C.A. (Bourges) : général de Castelli


Général de Castelli (8e C.A.)
La guerre du droit

15e division : général Bajolle

Unité Commandant Régiments
29e brigade Grandjean 56e R.I. (Chalon-sur-Saône)134e R.I. (Mâcon)
30e brigade Piarron de Mondésir 10e R.I. (Auxonne)27e R.I. (Dijon)
Elements divisionnaires 16e régiment de chasseurs à cheval (un escadron - Beaune)48e R.A.C. (Dijon)

16e division : général de Maud’huy

Unité Commandant Régiments
31e brigade Reibell 85e R.I. (Cosne-sur-Loire)95e R.I. (Bourges)
32e brigade Marie 13e R.I. (Nevers)29e R.I. (Autun)
Eléments divisionnaires 16e régiment de chasseurs à cheval (un escadron - Beaune)1e R.A.C. (Bourges)
Réserves 210e R.I. (Auxonne)227e R.I. (Dijon)16e régiment de chasseurs à cheval (Beaune)37e R.A.C. (Bourges)

13e C.A. (Clermont-Ferrand) : général Alix


Général Alix (13e C.A.)
Collection privée

25e division : général Delétoille

Unité Commandant Régiments
49e brigade Rozée d’Infréville 38e R.I. (Saint-Etienne)86e R.I. (Le Puy-en-Velay)
50e brigade Chandezon 16e R.I. (Montbrison, Clermond-Ferrand)98e R.I. (Roanne)
Elements divisionnaires 3e régiment de chasseurs à cheval (un escadron - Clermont-Ferrand)36e R.A.C. (Moulins - Thionville)

26e division : général Silhol

Unité Commandant Régiments
51e brigade Martin de la Porte d’Hust 105e R.I. (Riom)121e R.I. (Montluçon)
52e brigade Collas 92e R.I. (Clermont-Ferrand)139e R.I. (Aurillac)
Eléments divisionnaires 3e régiment de chasseurs à cheval (un escadron - Clermont-Ferrand)16e R.A.C. (Clermont-Ferrand)
Réserves 41e bataillon de chasseurs à pied (Troyes)43e bataillon de chasseurs à pied (Langres)50e bataillon de chasseurs à pied (Langres)71e bataillon de chasseurs à pied (Langres)3e régiment de chasseurs à cheval (Clermont-Ferrand)53e R.A.C. (Clermont-Ferrand)

14e C.A. (Lyon) : général Pouradier-Duteil


Général Pouradier-Duteil (14e C.A.)
La guerre du droit

27e division : général Blazer

Unité Commandant Régiments
53e brigade Baquet 75e R.I. (Romans)140e R.I. (Grenoble)Groupe alpin A de Grenoble
54e brigade Sorbets 52e R.I. (Montélimar)Groupe alpin de Draguignan
Elements divisionnaires 9e régiment de hussards (un escadron - Chambéry)2e R.A.C. (Grenoble)

28e division

Unité Commandant Régiments
55e brigade Pierrot 22e R.I. (Sathonay)99e R.I. (Lyon, Vienne)
56e brigade Blazer 30e R.I. (Annecy)Groupe alpin d’Annecy (Annecy)
Eléments divisionnaires 9e régiment de hussards (un escadron - Chambéry)54e R.A.C. (Lyon - Crépey)
Réserves 210e R.I. (Auxonne)5e régiment d’artillerie lourde (Valence)11e régiment d’artillerie à pied (Briançon)

21e C.A. (Epinal) : général Legrand


Général Legrand (21e C.A.)
Collection privée

13e division : général Bourdériat

Unité Commandant Régiments
25e brigade Barbade 17e R.I. (Epinal)17e bataillon de chasseurs à pied (Rambervillers, Baccarat)20e bataillon de chasseurs à pied (Baccarat)21e bataillon de chasseurs à pied (Raon-L’Etape)
26e brigade Hamon 21e R.I. (Langres)109e R.I. (Chaumont)
Elements divisionnaires 4e régiment de chasseurs à cheval (un escadron - Epinal)62e R.A.C. (Epinal, Rambervillers)

43e division : général Lanquetot

Unité Commandant Régiments
85e brigade Pillot 158e R.I. (Bruyères, Corcieux)149e R.I. (Epinal)
86e brigade Olleris 1e bataillon de chasseurs à pied (Senones)3e bataillon de chasseurs à pied (Saint-Dié)10e bataillon de chasseurs à pied (Saint-Dié)31e bataillon de chasseurs à pied (Saint-Dié)
Eléments divisionnaires 4e régiment de chasseurs à cheval (un escadron - Epinal))12e R.A.C. (Bruyères, Saint-Dié)
Réserves 57e bataillon de chasseurs à pied (Brienne-le-Château)60e bataillon de chasseurs à pied (Brienne-le-Château)61e bataillon de chasseurs à pied (Langres)4e régiment de chasseurs à cheval (Epinal)59e R.A.C. (Chaumont)

Ce C.A. sera transféré le 3 septembre vers Bar-le-Duc.

5e D.C. (Lyon) : général Levillain

Unité Commandant Régiments
5e brigade de cuirassiers Lamy 7e régiment de cuirassiers (Lyon)10e régiment de cuirassiers (Lyon)
6e brigade de dragons Laperrine 2e régiment de dragons (Lyon)14e régiment de dragons (Saint-Etienne)
6e brigade de cavalerie légère Morel 13e régiment de chasseurs (Vienne)11e régiment de hussards (Tarascon)
Elements divisionnaires 4e R.A.C. (Remiremont, Besançon)Groupe cycliste du 15e bataillon de chasseurs à pied (Remiremont)

8e D.C. (Dôle) : général Aubier

Unité Commandant Régiments
8e brigade de dragons Gendron 11e régiment de dragons (Belfort)18e régiment de dragons (Lure)
14e brigade de dragons Mazel 17e régiment de dragons (Auxonne)26e régiment de dragons (Dijon)
8e brigade de cavalerie légère Morel 14e régiment de chasseurs (Dôle)11e régiment de hussards (Gray)
Elements divisionnaires 4e R.A.C.Groupe cycliste du 15e bataillon de chasseurs à pied


Direction de l’offensive française
C Michelin d’après guide édition 1919 - autorisation n° 06-B-05

Ordre de bataille de l’armée allemande

Ce secteur est tenu par la VIe armée allemande, sous le commandant de Rupprecht de Bavière, prince héritier.


Kronprinz Rupprecht de Bavière
Collection privée

Quatre C.A. et une D.C. font face à l’armée de Castelnau.

1e C.A. bavarois : (Munich), général von Xylander

KGL Bayer = Royal bavarois


Général von Xylander
Collection privée

1e division bavaroise : général von Schoch

Unité Commandant Régiments
1. Kgl. Bayer. Infanterie-Brigade Kgl. Bayer. Infanterie-Leib-Regiment (Munich)Kgl. Bayer. 1. Infanterie-Regiment (Munich)
2. Kgl. Bayer. Infanterie-Brigade Kgl. Bayer. 2. Infanterie-Regiment (Munich)Kgl. Bayer. 16. Infanterie-Regiment (Passau, Landshut)Kgl. Bayer. 1. Jäger-Bataillon (Freising)
Cavalerie divisionnaire Kgl. Bayer. 8. Chevaulegers-Regiment (Dillingen)
1. Kgl. Bayer. Feldartillerie-Brigade Kgl. Bayer. 1. Feldartillerie-Regiment (Munich)Kgl. Bayer. 7. Feldartillerie-Regiment (Munich)Kgl. Bayer. 10. Fußartillerie-Bataillon

2e division bavaroise : général von Hetzel

Unité Commandant Régiments
3. Bayer. Infanterie-Brigade Kgl. Bayer. 3. Infanterie-Regiment (Augsburg)Kgl. Bayer. 20. Infanterie-Regiment (Lindau, Kempten)
4. bayer. Infanterie-Brigade Kgl. Bayer. 12. Infanterie-Regiment (Neu-Ulm)Kgl. Bayer. 15. Infanterie-Regiment (Neuburg a.d.)
Cavalerie divisionnaire Kgl. Bayer. 4. Chevaulegers-Regiment (Augsburg)
2. Bayer. Feldartillerie-Brigade Kgl. Bayer. 4. Feldartillerie-Regiment (Augsburg)Kgl. Bayer. 9. Feldartillerie-Regiment (Landsberg)

2e C.A. bavarois : (Würzburg) : général von Martini


Général von Martini
Collection privée

3e division bavaroise : généralvon Breitkopf

Unité Commandant Régiments
5. Bayer. Infanterie-Brigade Kgl. Bayer. 22. Infanterie-Regiment (Zweibrücken)Kgl. Bayer. 23. Infanterie-Regiment (Landau, Sarreguemines)
6. Bayer. Infanterie-Brigade Kgl. Bayer. 17. Infanterie-Regiment Germersheim)Kgl. Bayer. 18. Infanterie-Regiment (Landau)
Cavalerie divisionnaire Kgl. Bayer. 3. Chevaulegers-Regiment (Dieuze)
3. Bayer. Feldartillerie-Brigade Kgl. Bayer. 5. Feldartillerie-Regiment (Landau)Kgl. Bayer. 12. Feldartillerie-Regiment (Landau)
7. Bayer. Infanterie-Brigade Kgl. Bayer. 5. Infanterie-Regiment (Bamberg)Kgl. Bayer. 9. Infanterie-Regiment (Würzburg)Kgl. Bayer. 2. Jäger-Bataillon (Aschaffenburg)
5. Bayer. Reserve-Infanterie-Brigade Kgl. Bayer. Reserve-Infanterie-Regiment Nr. 5 (Bamberg)Kgl. Bayer. Reserve-Infanterie-Regiment Nr. 8 (Metz)
Cavalerie divisionnaire Kgl. Bayer. 5. Chevaulegers-Regiment (Sarreguemines)
4. Bayer. Feldartillerie-Brigade Kgl. Bayer. 2. Feldartillerie-Regiment (Würzburg)Kgl. Bayer. 11. Feldartillerie-Regiment (Würzburg)

3e C.A. bavarois : (Nurenberg) : général von Gebsattel


Général von Gebsattel (3e C.A. bavarois)
Collection privée

5e division bavaroise : général von Schoch

Unité Commandant Régiments
9. Bayer. Infanterie-Brigade Kgl. Bayer. 14. Infanterie-Regiment (Nurenberg)Kgl. Bayer. 21. Infanterie-Regiment (Fürth, Sulzbach)Kgl. Bayer. Reserve-Jäger-Bataillon Nr. 2 (Aschaffenburg)
10. Bayer. Infanterie-Brigade Kgl. Bayer. 7. Infanterie-Regiment (Bayreuth)Kgl. Bayer. 19. Infanterie-Regiment (Erlangen)
cavalerie divisionnaire Kgl. Bayer. 7. Chevaulegers-Regiment (Straubing)
5. Bayer. Feldartillerie-Brigade Kgl. Bayer. 6. Feldartillerie-Regiment (Fürth)Kgl. Bayer. 10. Feldartillerie-Regiment (Erlangen)

6e division bavaroise : général von Höhn

Unité Commandant Régiments
11. Bayer. Infanterie-Brigade Kgl. Bayer. 10. Infanterie-Regiment (Ingolstadt)Kgl. Bayer. 13. Infanterie-Regiment (Ingolstadt, Eichstatt)
12. Bayer. Infanterie-Brigade Kgl. Bayer. 6. Infanterie-Regiment (Amberg)Kgl. Bayer. 11. Infanterie-Regiment (Regensburg)
Cavalerie divisionnaire Kgl. Bayer. 2. Chevaulegers-Regiment (Regensburg)
6. Bayer. Feldartillerie-Brigade Kgl. Bayer. 3. Feldartillerie-Regiment (Grafenwöhr)Kgl. Bayer. 8. Feldartillerie-Regiment (Nurenberg)

21e C.A. : (Saarbrucken) : général von Below


Général von Below (21e C.A.)
Collection privée

31e division : général von Berrer

Unité Commandant Régiments
32. Infanterie-Brigade 8e Rheinisches Infanterie-Regiment Nr. 70 (Saarbrücken)10. Lothringisches Infanterie-Regiment Nr. 174 (Forbach)
62. Infanterie-Brigade Infanterie-Regiment Nr. 60 (Weissenburg)2. Unter-Elsässisches Infanterie-Regiment Nr. 137 (Hagenau)Infanterie-Regiment Hessen-Homburg Nr. 166 (Bitche)
Cavalerie divisionnaire Ulanen-Regiment (Rheinisches) Nr. 7 (Saarbrucken)
31. Feldartillerie-Brigade 1e Unter-Elsässisches Feldartillerie-Regiment Nr. 31 (Hagenau)2. Unter-Elsässisches Feldartillerie-Regiment Nr. 67 (Hagenau, Bischweiler)

42e division : général von Bredow

Unité Commandant Régiments
59. Infanterie-Brigade 1. Oberrheinisches Infanterie-Regiment Nr. 97 (Saarburg)3. Unter-Elsässisches Infanterie-Regiment Nr. 138 (Dieuze)
65. Infanterie-Brigade Infanterie-Regiment Nr. 17 (Morhange)2. Lothringisches Infanterie-Regiment Nr. 131 (Morhange)
Cavalerie divisionnaire Westfälisches Dragoner-Regiment Nr. 7 (Saarbrücken)
42. Feldartillerie-Brigade Feldartillerie-Regiment Nr. 8 (Saarbrücken)1. Ober-Elsässiches Feldartillerie-Regiment Nr. 15 (Sarrebourg, Morhange)

1e C.A. de réserve bavarois (Munich) : général von Fasbender


Général von Fasbender

1e division réserve bavaroise : général Göringer

Unité Commandant Régiments
1. Bayer. Reserve-Infanterie-Brigade Kgl.
Bayer. Reserve-Infanterie-Regiment Nr. 1 (Munich)Kgl. Bayer. Reserve-Infanterie-Regiment Nr. 2 (Munich)
2. Bayer. Reserve-Infanterie-Brigade Kgl. Bayer. Reserve-Infanterie-Regiment Nr. 3 (Augsburg)Kgl. Bayer. Reserve-Infanterie-Regiment Nr. 12 (Neu-Ulm)
Cavalerie divisionnaire Kgl. Bayer. Reserve-Kavallerie-Regiment Nr. 1 (Munich)
Artillerie divisionnaire Kgl. Bayer. Reserve-Feldartillerie-Regiment Nr. 1 (Munich)

5e division réserve bavaroise : général Kress von Kressenstein

Unité Commandant Régiments
9. Bayer. Reserve-Infanterie-Brigade Kgl. Bayer. Reserve-Infanterie-Regiment Nr. 6 (Amberg)Kgl. Bayer. Reserve-Infanterie-Regiment Nr. 7 (Bayreuth)
11. Bayer. Reserve-Infanterie-Brigade Kgl. Bayer. Reserve-Infanterie-Regiment Nr. 10 (Ingolstadt)Kgl. Bayer. Reserve-Infanterie-Regiment Nr. 13 (Ingolstadt)Kgl. Bayer. Reserve-Jäger-Bataillon Nr. 1 (Freising)
Cavalerie divisionnaire Reserve-Kavallerie-Regiment Nr. 5
Artillerie divisionnaire Kgl. Bayer. Reserve-Feldartillerie-Regiment Nr. 5

3e C.C. : général von Frommel

  1. D.C. : général von Heydebreck
Unité Commandant Régiments
26. Kavallerie-Brigade Dragoner-Regt. Nr 25 (Ludwigsburg)Dragoner-Regt. Nr 26 (Stuttgart)
30. Kavallerie-Brigade Dragoner-Regt. Nr 15 (Hagenau)Husaren-Regt. Nr 9 (Strassburg)
42. Kavallerie-Brigade Ulanen-Regt. Nr 11 (Saarburg)Ulanen-Regt. Nr 15 (Hagenau)
Bataillon du Feldartillerie-Regt. Nr 15 (Saarburg)MG. Abtg. Nr. 3 (Saarburg)
  1. D.C. : général von der Schulenburg-Hehlen
Unité Commandant Régiments
23. Kavallerie-Brigade Königl.-Sächs. Garde-Reiter-Regt (Dresden)Ulanen-Regt. Nr 17 (Oschatz)
38. Kavallerie-Brigade Jäger-Regt zu Pferde Nr 2 (Langensalza)Jäger-Regt zu Pferde Nr 6 (Erfurt)
40. Kavallerie-Brigade Königl. Sächs. Karabinier-Regt. (Borna)
Ulanen-Regt. Nr 21 (Chemnitz)
Bataillon du Feldartillerie-Regt. Nr 12 (Dresden)MG. Abtg. Nr. 8 (Mainz)

Bayerische Kavallerie-Division : général von Stetten

Unité Commandant Régiments
1. Bayerische Kavallerie-Brigade 1. Schweres Reiter-Regt. (München)2. Schweres Reiter-Regt.(Landshut)
4. Bayerische Kavallerie-Brigade 1. Ulanen-Regt.(Bamberg)_ 2. Ulanen-Regt. (Ansbach)
5. Bayerische Kavallerie-Brigade 1. Chevaulegers-Regt.(Nürnberg)6. Chevaulegers-Regt.(Bayreuth)
Bataillon du Bayer. Feldartillerie-Regt. Nr 5 (Sprottau)Bay. MG. Abtg. Nr. 1 (Landau)

Division d’ersatz de la Garde, 4e,7e,8e div ersatz

5 brigades Landwehr

Du 14 au 20 août, et conformément aux instructions de Moltke et du Kronprinz de Bavière, les Allemands reculent pour attirer l’armée française vers les lignes de fortifications. Le Kronprinz de Bavière donne l’ordre d’attaquer le 20 août.

Caractéristique du dispositif des armées

On est frappé par le caractère rectiligne de la VIe armée allemande et de la partie de la ligne française qui lui fait face. A l’ouest, seulement une petite fraction du 3e C.A. bavarois et les troupes de Metz établies à Delme sont en mesure d’agir contre le flanc de la ligne française. Cette menace est sensiblement diminuée par la position de la 70e division de réserve sur la Seille, qu’il lui suffit de franchir pour prendre à son tour de flanc les éléments allemands attaquant dans l’axe Metz - Château-Salins. Sur le reste du dispositif, la VIe armée devra attaquer de front.

Au-delà de Sarrebourg, le dispositif allemand s’infléchit assez brusquement vers le sud-est, quitte le plateau lorrain et entre dans la région montagneuse suivant une direction parallèle à celle des contreforts des Vosges. Les troupes du 15e C.A. auront la route barrée par une succession de crêtes et de vallées rendant les déplacements d’artillerie fort laborieux. L’attaque de flanc aurait été beaucoup plus efficace si Rupprecht avait laissé les Français passer la Sarre.

La manoeuvre débordante est seulement esquissée à l’ouest et exposée à être prise à revers à l’est, elle ne peut pas prétendre à beaucoup d’efficacité vu la configuration du terrain. Au lieu de broyer la IIe armée française entre deux mâchoires d’un étau, l’armée allemande va l’aborder presque exclusivement de front.


Offensive des 20e, 15e et 16e C.A. (IIe armée)
La grande guerre - vécue - racontée par les combattants

18 août

Le général de Castelnau prescrit à son armée de passer le 19 à l’attaque de la position Morhange - Bensdorf.

19 août

20 août

A 11h du matin, Rupprecht de Bavière donne l’ordre d’attaque générale :

« Soldats de la VIe armée ! Des considérations d’ordre supérieur m’ont contraint de réfréner votre ardeur guerrière. Le temps de l’attente et du recul est passé. Nous devons avancer maintenant, c’est notre heure.

Il fait vaincre, nous vaincrons ! »

Rupprecht

La VIe armée allemande remporte un brillant succès sur toute la ligne de la bataille, mais ce succès n’est pas le fruit d’une manoeuvre d’ensemble bien combinée ; il a surtout pour cause la tactique de combat non adaptée des troupes françaises : l’infanterie se lance prématurément en avant, sans reconnaître l’adversaire et sans préparation d’artillerie. Les fantassins, soumis à un feu violent d’artillerie et de mitrailleuses, sont arrêtés et réduits à la défensive. Les Allemands prennent l’offensive à leur tour et le front français se disloque. La direction du combat échappe aux chefs et la lutte se morcelle. Les trois C.A. sont refoulés vers le sud. Dans la soirée, la IIe armée a rétrogradé jusqu’à la ligne Jallaucourt - Château-Salins - Maizières.

Pour la Ie armée, la journée a été moins mauvaise, sauf à la gauche où le 8e C.A. a été refoulé par la contre-offensive du 1e C.A. bavarois et une partie du 14e C.A.

Ie armée française


Contre-offensive allemande contre la Ie armée française
C Michelin d’après guide édition 1919 - autorisation n° 06-B-05

8e C.A.

Le C.A. attaque en direction de Gosselming et Oberstinzel. Gosselming enlevé mais les troupes ne parviennent pas à franchir la Sarre (qui coule vers Oberstinzel - Saraltroff).

7h :

L’offensive est complètement enrayée ; désorganisées par le bombardement, les troupes commencent à se replier.

9h :

Les Allemands passent à l’attaque.

11h :

Les troupes ont déjà subi des pertes sévères à cause de l’artillerie allemande. L’artillerie lourde française prend position au sud de Sarrebourg mais n’arrive pas à éteindre l’artillerie allemande.

Les troupes allemandes assaillent Gosselming par le nord, la 15e division fléchit et évacue le village en se repliant sur Haut-Clocher.

Sur la rive droite de la Sarre, les Allemands, partis de Réding, attaquent Sarrebourg. Le 95e R.I. contient les attaques allemandes jusqu’à 17h. Le repli de la 15e division le soir est de 15 km.


Combats de Sarrebourg le 20 août
Collection privée

La 16e division résiste avec acharnement le long de la Sarre et ne recule que pied à pied, en infligeant aux Bavarois des pertes énormes, mais elle doit se reporter en arrière du canal de la Marne au Rhin dans la soirée.

16h30 :

Le 8e C.A. doit abandonner Sarrebourg.

Malgré le repli du 8e C.A., Dubail ne considère pas la partie comme perdue et installe le 8e C.A. sur les hauteurs de Kerprich-aux-Bois - Soldatenkopf.

13e C.A.

La ligne de résistance du C.A., attaquée par le 14e C.A. allemand, est bien enfoncée mais elle se maintient en certains points. L’artillerie bloque l’attaque du 14e C.A. allemand en lui infligeant de lourdes pertes, permettant au 8e C.A. de se regrouper.

16h30 :

Suite à la retraite de la 16e division à Sarrebourg et à l’échec de la brigade coloniale à Haarberg, Dubail engage le 13e C.A. contre le centre allemand (14e C.A. badois). La contre-attaque est un succès. Brouderdorf et Plain-de-Walsch sont repris.

21e C.A.

Au 21e C.A., la 13e division, revenue de la vallée de la Bruche, résiste victorieusement aux attaques du 15e C.A. allemand. A sa gauche, la 43e division et la brigade coloniale, ne peuvent déboucher sur leurs objectifs.

Positions de la Ie armée au soir

Le soir du 20 août, la Ie armée occupe d’excellentes positions à cheval sur la Sarre mais la nuit, Joffre fait connaître que la IIe armée se replie et « qu’il ne faut pas s’acharner à défendre un front qui peut être tourné, la liaison entre les Ie et IIe armées n’existant plus ».

A regret, Dubail prend le parti de se retirer sur la Vezouse.

Résumé de la journée

Quatre C.A. français, le 8e, 13e, 21e et 14e, combattent depuis le 14 août quatre C.A. allemands : le 1e bavarois de réserve, le 1e bavarois actif et les 14e et 15e. L’armée allemande est fortement retranchée : à Wasselone - Dabo - Fenestrange et attend de pied ferme l’offensive française.


Obusier allemand de campagne camouflé
Collection privée

La 15e division française défile sous le feu allemand pour aller s’emparer de la tête de pont de Gosselming, qui lui permettra de franchir la Sarre. Elle réussit d’abord mais l’artillerie lourde allemande prend le dessus sur l’artillerie de campagne française et écrase le régiment qui s’est emparé de cette localité, ce qui provoque le recul puis la retraite précipitée de la 15e division sur le canal de la Marne au Rhin.

La 16e division tient bon à Sarrebourg jusqu’à 16h. Soutenue par une contre-attaque du 13e C.A., elle se replie en bon ordre, sur 12 à 15 km.

IIe armée française

Depuis le 14 août, l’armée avance en territoire allemand (cédé par la France en 1871), occupe la région des Etangs et débouche sur la Seille. Les Allemands occupent de fortes positions sur des défenses naturelles : Morhange est un véritable camp retranché et tout le pays entre Seille et Sarre forme un ouvrage continu.

Les 15e et 16e C.A. doivent se porter en flèche pour attaquer à partir de 5h du matin au nord du canal des Salines, pour rejeter les Allemands sur la voie ferrée Sarrebourg - Bensdorf.

La brume empêche de reconnaître les positions de l’adversaire. Au moment où les deux C.A. prennent l’offensive, ils sont attaqués (7h du matin).

Le haut commandement allemand avait attiré les français dans un piège dont Dieuze était le centre. Le 20, le kronprinz Rupprecht de Bavière renonce à la retraite programmée et passe à l’offensive sur toute la circonférence du cirque. Dans l’intervalle, des renforts allemands sont arrivés (1e C.A.R. bavarois au sud-ouest de Sarrebourg). Une artillerie formidable tonne de toutes parts, les C.A. français sont assaillis par des forces supérieures provenant de la ligne des hauteurs, de Mittersheim à Kuttingen.


Contre-offensive de la VIe armée allemande contre la IIe armée française
C Michelin d’après guide édition 1919 - autorisation n° 06-B-05

16e C.A.

A 4 h du matin, par une forte brume, au moment où les troupes du 16e C.A. vont prendre l’offensive vers Benestroff, elles sont attaquées.


80e R.I. - 32e div. - 16e C.A.
Collection privée

Un bombardement continu d’artillerie lourde écrase la ligne de ce C.A. et les masses allemandes traversent la route Dieuze - Fénétrange et poussent vers Zommange à l’abri des bois qui bordent le nord de l’étang de Lindre. La 32e division est attaquée du nord et peu après, la 31e est prise à partie de l’est vers le canal des Houillères. Vers 8h, cette ligne d’eau est perdue et les Allemands progressent contre le front Rohrbach - Angwiller - Bisping.

20e C.A.

A gauche de l’armée, le 20e C.A. a reçu l’ordre de Foch de se rendre maître des collines au nord de Morhange et de Baronville, en attaquant vers Racrange - Rodalbe, mais il s’enfonce dans un piège tendu par les Allemands.


Situation du 20e C.A. (Foch)
C Michelin d’après guide édition 1919 - autorisation n° 06-B-05

A gauche, la 39e division a comme objectifs le signal de Baronville (Baronweiler) et le signal de Marthil ; à droite, la 11e division marchera sur le front Racrange - Morhange en se reliant au 15e C.A., dans le but de tourner la position allemande, mais elle doit passer par un terrible défilé.

A peine la 39e division a-t-elle commencé son mouvement vers les hauteurs de Marthil - Baronweiler qu’un feu d’artillerie formidable s’allume dès 7h sur la crête de l’autre côté de la Nied française et sur une portée de 5 à 6 km. Le 3e C.A. bavarois dévale des bois sur la division qui défile par Château-Bréhain - Bréhain - Marthil, la prend de flanc et la force à la retraite vers Château-Salins. Deux groupes d’artillerie divisionnaire restent aux mains des Bavarois.


79e R.I. - 11e div. - 20e C.A.
Collection privée

La 11e division n’est pas plus heureuse. Elle est contre-attaquée au départ de Morhange et bousculée à Conthil. Elle doit se replier sur Lidrequin où elle se retranche. Un régiment réussit à tenir en échec une division du 3e C.A. bavarois, pour permettre au 20e C.A. de se replier. Aplatis derrière de petits murs de terre, les hommes tirent à coup sûr, en maintenant les Allemands à 1000 ou 1200 m. Vers 16h, le régiment se retire après avoir rempli sa mission.

L’attaque ne se déroule pas comme prévu : les Allemands prennent l’initiative et la ligne d’avant-postes du 20e C.A. est culbutée entre 5 et 6 h et son artillerie mise hors de combat. La 39e division se retire sur la ligne Fonteny-Château - Brehain - Achain, mais la 11e division résiste vers Pévange.

15e C.A.


Situation des 15e et 16e C.A.
C Michelin d’après guide édition 1919 - autorisation n° 06-B-05

Les Allemands, déclenchent une offensive contre le 15e C.A. à partir des hauteurs de la forêt de Bride et de Koeking dès 6h30, sur le flanc de la 30e division (nord-ouest de Vergaville), et des hauteurs de Bassing sur le front de la 29e division, en avant de Biedesdorf. Les Français n’ont aucun abri alors que l’armée allemande est solidement retranchée sur les hauteurs constituant de solides points stratégiques.

C’est contre la 29e division que se déchaîne l’attaque la plus violente. La 57e brigade (111e et 112e) qui défend les abords de Bidestroff, menacée d’enveloppement, doit évacuer le village. A Lindre-Haute, la 27e division résiste cinq heures durant. Le repli s’opère sur Dieuze, couvert par l’artillerie, mais le sol est jonché de soldats français.

Au sud de Dieuze, les 23e et 27e bataillons de chasseurs alpins prennent position sur des hauteurs et arrêtent les Allemands.

La 30e division réussit à progresser sous le tir violent des Allemands, mais, vers 10h, l’infanterie est clouée sur place.

A 8h30, le 15e C.A. se replie vers Mulcey - Vergaville, repasse le canal et prend position vers 10h de Blanche-Eglise à Lindre.

La retraite, d’abord locale, se transforme en une retraite générale par ordre. Il n’est même pas possible de résister dans Dieuze. Le général Carbillet (29e division) conçoit le projet de faire front un peu plus au sud de Dieuze en avant de la frontière française, au défilé de Gélucourt. Deux bataillons de chasseurs alpins ont ordre d’y résister à tout prix. Leur ténacité arrête l’offensive allemande jusqu’à la nuit.

En une matinée, les troupes du 15e C.A. ont reculé de 15 km et le nombre de tués, blessés et disparus est élevé.

2e groupe de divisions de réserve

La retraite du 20e C.A. découvre la gauche de la 68e division de réserve (Bordeaux) qui surveille les abords de Metz. Elle subit le choc des forces allemandes débouchant et elle doit se retirer sur Laneuville-en-Saulnois et Jallaucourt. En fin de journée, elle occupe la lisière nord du bois de Grémecey. Une brigade et un groupe d’artillerie de la 70e division franchissent la Seille pour la soutenir. Elle peut donc se replier sur le Grand couronné. Les troupes sorties de Metz attaquent la 59e division de réserve sur le front du Grand Couronné.

Armée d’Alsace

L’armée se trouve devant Colmar, dans la vallée de la Fecht. Les cinq groupes alpins du général Bataille y sont réunis.

Situation des armées françaises au soir

Les Allemands ont eu l’avantage pendant la journée du 20 entre la Sarre et la Seille. En revanche, ils n’ont pu progresser dans les Vosges. Les pertes françaises sont assez lourdes en tués et en blessés, mais assez peu importantes en matériel. Seul le 20e C.A. a perdu 24 pièces. Suite au repli de l’aile gauche, toute l’armée de Castelnau doit se replier sur la ligne Delme - Château-Salins - Marsal - Bisping, soit une retraite de 15 km.

Réaction de Castelnau

Castelnau conçoit de vives inquiétudes à l’égard de ses C.A. de droite, principalement du 16e. Dès 7h, il ordonne à ce C.A. de porter sur-le-champ sa division de queue (31e) dans la région Mézières - Bourdonnay ; au 20e d’attaquer d’urgence vers Koeking pour soutenir son voisin ; au 15e de faire effort avec la 29e division sur Zommange pour dégager la gauche du 16e C.A., fortement pressée. Mais les 20e et 15e C.A. sont trop fortement pressés et se trouvent incapables de répondre à ces appels.

10h :

Castelnau donne le premier ordre de repli « en raison de la situation critique de la gauche du 16e C.A. vers Guermange ». La retraite commence par échelons vers le front Fresnes-en-Saulnois - Marsal - Maizières.

11h30 :

Le 16e C.A. rend compte que Rohrbach est perdu, Angviller pressé et Bisping débordé ; que la 32e division se replie sur Guermange - Rhodes ; que le 15e C.A. se replie sur Blanche-Eglise - Gélucourt. Les pertes sont considérables, les troupes épuisées et l’artillerie perdue.

La 11e division garde toujours bonne contenance mais la 39e a perdu sa position et la 68e est aussi attaquée.

Castelnau voit l’éventualité d’une retraite jusque derrière la Moselle.

16h :

La double nouvelle de la perte de Guermange oblige la 32e division à un nouveau recul, et la 30e reflue vers Serres. Il prescrit à son armée de se dérober pendant la nuit pour se reformer à l’abri des positions du Grand-Couronné. Le groupe de divisions de réserve ira occuper celui-ci, d’Amance au Rambêtant. Le C.C. couvrira la droite de l’armée dans la région de Gondrexange.

La retraite générale se poursuit toute la nuit sur des routes encombrées par les trains et les convois.

Le matin du 21, le 20e C.A. est à Besange, la 15e à Serres et le 16e à Avricourt.

Voici la position des C.A.

Réaction de Dubail

Au terme de la journée, Dubail se rend compte que le front français est menacé vers son centre par le fléchissement des 15e, 16e et 8e C.A. Dans le courant de la nuit, il fait savoir qu’il y a lieu de ramener les convois derrière la Meurthe. Il transmet à son armée un ordre de retraite générale. La retraite de l’armée s’effectue dans la nuit du 20 au 21.


Garnison de Metz
Collection privée

A ce moment, la Ie armée s’est consolidée sur le front général : canal de la Marne au Rhin.

21 août

Moltke décide de poursuivre les troupes françaises, alors qu’il aurait pu prélever des troupes en Lorraine pour les transporter à l’aile droite du dispositif allemand. Au contraire, il envisage de forcer la ligne des forts d’arrêt français, en réalisant un encerclement de grand style des armées françaises. Au contraire, les Français vont envoyer des renforts vers l’ouest : les 64e et 74e divisions de réserve, unités fraîches venues des Alpes, ainsi que la 44e D.I. prélevée sur l’armée d’Alsace.

Mis au courant de la situation, Joffre fait interrompre le transport du 9e C.A. et remettre la division non embarquée à la disposition de Castelnau à Nancy.

Celui-ci émet d’abord l’espoir de pouvoir regrouper ses unités sous le couvert du Grand-Couronné prolongé par les hauteurs de Saffais -Belchamps. Vers midi, il envoie un rapport pessimiste et incline à poursuivre la retraite vers Toul et les Hauts de Meuse. Joffre objecte que l’abandon de Nancy aurait un effet moral désastreux et insiste pour le maintien sur la Moselle, d’autant plus que deux divisions débarquent à Charmes et Bayon.

Or, les allemands ne suivent pas. Dans la soirée, la IIe armée tient le Grand-Couronné et la Meurthe de Nancy à Lunéville et les troupes se ressaisissent.

Ie armée

Entre le Grand Couronné et les Vosges, la plaine affecte une forme triangulaire ; elle est traversée obliquement par quatre rivières presque parallèles : la Vezouse, la Meurthe, la Mortagne et la Moselle, qui coulent d’est en ouest. Vers Lunéville et Rambervillers, la vallée s’ouvre sur un couloir qui conduit droit au cœur de la France : la trouée de Charmes. Si une armée réussit à franchir la Moselle à Charmes, elle peut tourner Nancy et Toul d’une part, Epinal de l’autre. Elle n’a plus qu’à marcher par Neufchâteau sur Troyes et la Champagne. Elle rejoindrait l’armée allemande qui, par la Belgique et l’Oise, descend sur Laon et Reims : ce serait l’encerclement des armées françaises.

Du sort de la bataille de Lunéville dépend le sort de la France.

Des instructions tombées entre les mains françaises donnent pour objectif à l’armée du kronprinz de Bavière le village de Rozelieures, qui commande l’entrée de la trouée.

Pour faire échouer ce plan, les deux armées de l’est n’ont que deux ressources stratégiques :

Les Allemands ont repris le combat de bonne heure devant l’armée de Dubail.

Le soir, les trois C.A. ont repassé la Vezouse et leur gauche est protégée par le fort de Manonviller.

IIe armée

Au soir, les trois C.A. ont atteint les zones de repli prescrites. La défense du Grand Couronné est assurée par trois brigades du 9e C.A., les 70e, 59e, 68e et 73e divisions de réserve, les 64e et 74e divisions achèvent leur débarquement.

La 64e prend position sur le plateau de Saffais, entre Meurthe et Moselle, et la 74e entre le plateau de Saffais et la Mortagne ; la 73e division de réserve, qui est sortie de Toul pour protéger la gauche de la IIe armée se portera sur la rive gauche de la Moselle pour empêcher la position de Sainte-Geneviève d’être tournée (colline au nord de Nancy).

A 3h du matin, est issu l’ordre de mise au point de l’ensemble du dispositif.

Quant aux gros, ils sont disposés comme suit :

Les Français commencent à faire un large usage des fortifications de campagne. Les divisions arrivées en renfort (74e et 64e) vont barrer en travers la trouée de Charmes.

22 août

Le Q.G. assigne aux Ie et IIe armées la tâche suivante, au moment où l’armée allemande se portera sur la trouée de charmes.


Repli français 20 - 24 août
C Michelin, d’après guide édition 1919 - autorisation n° 06-B-05

Ie armée

Les Allemands reprennent contact avec l’armée et le repli continue jusqu’à la Meurthe. L’armée abandonne les dernières positions qu’elle avait conquises si péniblement en Lorraine, en Alsace et dans les Vosges.

Comme l’adversaire cesse d’être pressant, et à la demande de Joffre, Dubail peut fixer la ligne Baccarat - Badonviller - Allarmont - Col de Hans - Sainte-Marie comme ligne à tenir par les 21e et 14e C.A., les 8e et 13e se rassemblant à l’ouest et au nord de Rambervillers.

En fin de journée, la Ie armée a perdu la ligne de la Vezouse ; elle occupe la ligne Vaxainville - Col d’Urbeis - région de Sainte-Marie-aux-Mines et Bohomme.


Engagement en Alsace
Collection privée

IIe armée

Une attaque allemande violente, soutenue par une puissante artillerie, se déclenche sur les positions du 16e C.A., d’Einville à Lunéville. Le C.A. cède sous la pression et se retire au nord de la Meurthe. Il gagne la région de Xermaménil sur la rive droite de la Mortagne.

Castelnau prolonge la retraite.


39e R.A.C. - 39e div - 20e C.A.
Collection privée

Armée d’Alsace

La VIIe armée allemande (von Heeringen) débouche au sud de Colmar et attaque entre Türckheim et Logelbach. Trois bataillons français qui se trouvent dans la vallée de la Weiss contre-attaquent et les Allemands, surpris, prennent le parti d’évacuer Logelbach et de se replier sur Colmar.

Conclusion
les divisions françaises, qui comptent parmi l’élite de l’armée (division de fer...) se sont heurtées à des positions soigneusement préparées et richement dotées en artillerie lourde. Le terrain qu’elles empruntent a été quadrillé pour faciliter le tir.

Les Français encourent de grosses pertes, ce qui encourage Rupprecht de Bavière à entamer une contre-offensive contre l’avis de Moltke. En prenant cette initiative, il crée une première brèche dans le plan Schlieffen, car il refoule les Français vers l’ouest, plus près de leurs bases et les contraint à la défensive le long de la ligne des forts. Joffre pourra ensuite prélever des troupes pour renforcer son aile gauche, ce qui contribuera à la victoire de la Marne.

Souvenirs de l’offensive

Les nombreux monuments témoignent de l’importance de l’offensive et de l’acharnement des combats.


Bidestroff : monument du 15e C.A.
Photo de l’auteur


Château-Bréhain : monument du 146e d’infanterie
Photo de l’auteur


Chicourt : ossuaire franco-allemand
Photo de l’auteur


Conthil : monument
Photo de l’auteur


Cutting : monument
Photo de l’auteur


Cutting : détail du monument
Photo de l’auteur


Lidrezing : cimetière militaire français
Photo de l’auteur


Riche : monument
Photo de l’auteur


Walscheid : cimetière militaire
Photo de l’auteur


Morhange - Monument commémoratif
Photo de l’auteur


Morhange - Monument commémoratif (détail)
Photo de l’auteur


Oron - Monument du 20e C.A.
Photo de l’auteur


Oron - Monument du 20e C.A.
Photo de l’auteur


Vergaville - Monument du 15e C.A.
Photo de l’auteur


Fremery - Monument commémoratif
Photo de l’auteur